Château des Cours
Château, manoir, une belle maison devenue mairie…
Le Château des Cours a été construit en 1849, dans un « goût romantique », après destruction de bâtiments mentionnés sur le cadastre de 1839. Son promoteur Pierre Claude Hippolyte Besse Bergier (1816-1873) avait épousé en 1859 Sophie Suzanne Clémence Apolline Elisa Du Bouis. Il fut maire de la commune de septembre 1843 à mars 1848, puis de septembre 1848 à octobre 1870. En 1836, il résidait déjà « aux Cours » avec trois domestiques, un cocher, un jardinier, une cuisinière, une femme de chambre et une fille de peine.
Au niveau architectural, la façade ouest comporte une tour ronde. A l’arrière, façade est, en symétrie avec la tour ronde, s’élève un avant-corps, avec, dans sa partie supérieure pilastres et fronton triangulaire. Un grand escalier même au premier étage, jadis il menait à l’entrée principale et surplombait la cour d’honneur.
La propriété comprenait à gauche (par la rue de la Mairie) un bâtiment à deux niveaux, construit dans un style néo-gothique. Sa construction fut terminée en 1880 et abritait un château d’eau. Sur la façade sud, le premier niveau présente deux baies géminées inscrites dans une fenêtre ogivale.
Etait accolé une tourelle d’escalier « arabisant » (aujourd’hui disparue) particulièrement fantisaisiste et un pavillon à créneaux redents, sommé d’une croix et ajouré d’une baie ogivale au-dessus de la porte d’entrée. Ces éléments s’appuyaient sur un bâtiment d’exploitation perpendiculaire.
Une petite chapelle de style gothique s’élevait dans la partie sud-est, faisant face à la cour d’honneur. Elle fut détruite à la fin des années 1950. Elle présentait une façade à fronton triangulaire. La porte était encadrée de deux colonnes supportant un linteau et le fronton était surmonté d’un tympan ajouré d’un trilobe.
L’ensemble était construit avec de la pierre de « Font-Salive ».
On retrouvait également à droite des granges et écuries surmontées de créneaux et habitation de femier, une maison de concierge.
Au décès de Pierre Besse-Bergier, sa femme et sa fille Marie Procule Camille Jacques Vitaline restèrent au château. Au décès de Vitaline, Jean-Baptiste Pierre de Rochefort devient propriétaire avec son épouse Marguerite Marie Antonine de La Bastide.
Ces derniers revendent ensuite la propriété en mai 1918 à l’industriel Alphonse Joseph Trintignac (1866-1950), époux de Henriette Berger (1872-1939), originaire de Saint-Symphorien en Lozère.
Il cède la propriété en 1927 à Paul Dassonville, industriel à Tourcoing et à son épouse Marie Thérèse Lepers.
Mme veuve Dassonville et ses enfants revendent le Château, le parc, les bâtiments d’exploitation, grande, écuries, jardin potager, terres et prés, en 1939 à la Compagnie d’Assurances Générales « La Générale Vie ».
De 1939 à 1944, le Ministère de la Guerre construit des baraquements pour le G.C.R. (Groupement des Contrôles Radioélectriques) dirigé par le Commandant Romon en liaison avec le réseau de renseignements Alliance.
La Générale de Vie revend l’ensemble de la propriété en juin 1949 à Simon Landrivon, négociant à Feurs et à sa femme Marie-Louise Descombes.
La mairie est située dans de très petits locaux (où se trouve actuellement la cantine scolaire). Elle dispose à proximité d’une prison (une cellule, qui sert le plus souvent de cellule de dégrisement).
Dès septembre 1949, Simon Landrivon et son épouse signent une promesse en vente à la commune.
La séance du Conseil Municipal du 4 octobre 1949 avait pour objet l’achat du Château des Cours. Lors de cette séance, Monsieur Deschamps, Maire, expose au conseil les pourparlers qu’il a entrepris en vue de l’achat du Château des Cours. Cet achat devrait s’avérer pour la commune, « une affaire intéressante » où pourrait être installée une mairie spacieuse, une grande salle des fêtes, des bains-douches. Les dépendances, fort importantes, permettraient la réalisation de nombreux logements ouvriers. Les terrains attenants ont une superficie d’environ 2 hectares. Le Conseil Municipal décide par délibération de valider l’achat du Château des Cours.
Le programme d’aménagement du Château des Cours débute par délibération du 3 mai 1950. Une première tranche d’aménagement de huit logements dans les dépendances est lancée pour une dépense d’environ 6 500 000 francs. Suite à un incendie survenu le 31 août 1950, mettant en cause les Etablissements Mamelet et Sengier, responsables du sinistre, certaines dépendances sont détruites, ainsi que la tour et la chapelle. Un nouveau projet d’aménagement de logements devra donc être établi. Par délibération du 26 janvier 1952, les arbres du parc, notamment des marronniers et des acacias sont abattus, le Conseil Municipal autorise la vente des stères de bois. Le portique et le portail sont détruits. La chapelle située dans le parc a vraisemblablement été détruite à la même période.
La délibération du 28 décembre 1952 valide l’aménagement de bains-douches.
Une aile au sud est ensuite construite, à usage de dispensaire. Certaines ouvertures sont modifiées.
