De Saint-Pierre à Saint-Louis

L’église et le presbytère

L'église paroissiale

L’église paroissiale Saint-Pierre dont l’existence est attestée au 14ème siècle, a précédé l’église actuelle.

A son origine l’église est de type roman ; trop petite, vétuste et très endommagée, notamment par la crue de 1856, elle a été démolie à l’exception du clocher et remplacée par une église plus vaste construite selon un axe nord sud par l’architecte Abel Madeleine, de 1863 à 1867, dans le style néo-gothique, sous le vocable de Saint-Louis, grâce à un don de 18 000 francs de Napoléon III, accordé suite à son passage à Vichy en 1862.

Le clocher de l’ancienne église, après décision de 1863, a été conservé par mesure d’économie, lors de la faillite de l’entrepreneur, s’appuie au nord contre le chevet, son rez-de-chaussée sert de sacristie. Il est, en partie du moins, tout ce qui reste de l’ancienne église romane, il sert de sacristie. La flèche du clocher a été refaite en 1892, l’ardoise remplaçant la tuile plate.

La sacristie est voûtée en berceau.

L’orientation sud-nord, comme à Bellerive-sur-Allier et Saint-Rémy-en-Rollat et l’emplacement inusité du clocher, sont des points intéressant l’histoire de la construction ou de la reconstruction des églises au 19ème siècle dans ce canton.

Les cloches Marie et Eugénie

Deux cloches de belle facture ont été fondues par L’Héritier et Barbier. En bronze, leur décor marie feuilles de chêne, lauriers et palmiers avec les profils du pape Pie IX et de l’Empereur Napoléon III. 

La première cloche est une cloche de volée, suspendue dite « Marie ». Elle consiste en un vase en bronze, battant en fer et mouton en bois. Sur son iconographie, on découvre la Vierge (en buste), le Christ (en buste), un visage de femme assise, avec une fleur de lys, une autre figure (en buste) et des ornementations diverses : corde, feuille de chêne, feuille de laurier, palmettes. Sur les anses, on retrouve des personnages féminins et quatre figures en buste marquent les deux axes principaux sur la gorge du vase : Pie IX (profil, à l’ouest), la Vierge (de trois-quarts, au sud), Napoléon III (profil, à l’est), le Christ (de trois-quarts, au nord). Elle est pourvue de différentes inscriptions en latin sur chacune des deux faces principales (est et ouest), inscriptions sous le profil de l’Empereur (face est) : IMP NAPOLEONE III 1867 ; marque de fondeur sur la panse : marque ovale avec  une cloche entourée de l’inscription : Lhéritier Fondeur, datée de 1867.

La seconde cloche est également une cloche de volée, suspendue, dite « Eugénie ». Elle consiste également en un vase en bronze, battant en fer et mouton en bois, une iconographie avec une Vierge à l’Enfant (en pied), le Christ en croix, Saint Jean-Baptiste (en pied), un évêque, en pied et a pour ornementation une guirlande de fleurs. Les personnages en pied, sans dossier, marquent approximativement sur la faussure les deux axes principaux de la cloche : Vierge à l’Enfant à l’ouest, Christ en croix au nord, saint Jean-Baptiste à l’est, saint évêque au sud. Comme pour la précédente, on retrouve des inscriptions sur cinq lignes : 1876 ; marque de fondeur sur la gorge, en majuscules romaines sur dossier : C. Barbier-Fondeur à Moulins, datée de 1876.

L’église est ornée de 8 verrières (7 à personnages et 1 historiée), ainsi que de 15 oculi. Toutes les verrières (baies 7 à 14) sont en verre transparent de type « grisaille sur verre, jaune d’argent, sanguine sur verre », avec une structure en lancette (arc brisé). Elles sont signées en majuscules d’imprimerie par l’atelier Champrobert (peintre, verrier) de Clermont-Ferrand et ont été exécutées, au 19ème siècle, entre 1867 et 1880. 

Les verrières ou vitraux

Mater Dei : La Vierge de l’Immaculée Conception et le Sacré-Cœur (enfant) (baie 7 – verrière à personnages datée de 1872). Vitrail offert par 48 bienfaitrices dont les noms ornent la bordure. La Vierge est couronnée, voilée et nimbée. Elle est vêtue d’une robe blanche et d’un manteau bleu et rose. Elle écarte ses bras pour entourer l’Enfant Jésus qui se tient debout devant elle. Il porte la couronne royale, une robe rouge, un manteau bleu. Il bénit de son bras droit et sa main gauche montre un cœur « brûlant » sur sa poitrine.

Sanctus Ludovicus : Saint-Louis (roi en pied), (baie 8 – verrière à personnage datée de 1872).  D’après Champrobert, le vitrail a été offert par 50 bienfaiteurs dont les noms ornent toute la bordure, dont Victor Nicolas et Alexandre Villemin, médecins à Vichy. Le roi Saint-Louis est représenté en costume royal avec les attributs du pouvoir. Il tient dans sa main droite un sceptre court à fleur de lis et dans la gauche un coussin vert qui supporte la couronne d’épines qu’il avait acheté à l’Empereur de Constantinople.

Saint-Ange Gardien (en pied, enfant), (baie 9 – verrière à personnage datée de 1878). Un ange gardien ailé, au visage féminin, guide spirituel, tient par la main un jeune écolier, en signe de protection. L’enfant est coiffé d’un béret et vêtu d’une chemise blanche à col et nœud violet, ainsi que d’une veste et d’un pantalon. Il est chaussé de bottines. Il tient dans main gauche un lis blanc, symbole d’innocence et son bras droit s’appuie sur celui de l’ange. Des têtes ailées de chérubins forment un arc bleu vaporeux. En face des deux personnages on voit le portrait à la mémoire d’un enfant. A l’arrière-plan, on aperçoit à l’horizon le Puy-de-Dôme, et une butte surmontée d’un calvaire. Ce vitrail est un don de la famille Saint-Ange pour rappeler le souvenir de deux de ses enfants : Cyr Georges Menot décédé à 2 ans ½ et de Léonie Millet décédé à l’âge d’un an.

Sancta Margarita : Sainte Marguerite (en pied avec un dragon) (baie 10 – verrière à personnage datée de 1867). Sainte-Marguerite tient dans sa main droite le rameau du triomphe et du martyre et sa main gauche tient enchaîné un dragon à la gueule menaçante. Ce vitrail, non signé, est un don de M. Besse, maire de Hauterive. Marguerite est née à Antioche de Pisidie vers l’an 275. Convertie au christianisme, elle fait vœu de virginité, repousse les avances du gouverneur romain Olybrius et refuse d’abjurer sa foi. La légende veut qu’elle fût avalée par un monstre, dont elle transperça miraculeusement le ventre pour en sortir indemne au moyen d’une croix. C’est pourquoi on la représente généralement avec un dragon qui symbolise le diable et le paganisme. Son martyre se poursuit et elle meurt décapitée.

Sanctus Portianus : Saint-Pourçain (en pied), (baie 11 – verrière à personnage datée de 1880).  Saint-Pourçain était un abbé bénédictin, il bénit d’un doigt de sa main droite et tien une crosse dans sa main gauche. Ce vitrail est un don de la Compagnie fermière de l’établissement thermal de Vichy, dont la mention est insérée dans un cartouche rappelant la forme de la pastille Vichy.

La conversion de Saint-Hubert (Saint-Hubert de Liège agenouillé, cerf : apparition, cheval, chien) (baie 12 – verrière historiée) a été exécutée par Joseph Vantillard, peintre verrier, de Paris entre 1875 et 1903. Le cerf crucifère rappelle une des scènes traditionnelles de la légende de Saint-Hubert. Lors d’une partie de chasse, un cerf, doté d’un crucifix étincelant sur le front, enjoint Hubert à penser à son salut et à se consacrer à sa vocation épiscopale et évangélisatrice.

Cor Iesu :

Le Sacré-Coeur de Jésus (baie 13 – verrière à personnage datée de 1874). Jésus tient de la main droite le calice et l’hostie et de la gauche montre son cœur ardent. Les arcatures à pinacles abritent deux anges jouant de la trompette. Ce vitrail a été offert par les « Bienfaiteurs de cette église, Messieurs les abbés Tarteyre, Dessez, Martin, Boudet, curés d’Hauterive ».

Sanctus Franciscus Salesius

Saint-François de Sales (en pied), 14 – verrière à personnage datée de 1872. Saint-François pointe son index droit et appuie son bras gauche sur un livre saint. Non signé, ce vitrail a été offert par M. Randoing de Montpertuis. François de Sales était un prêtre catholique savoyard. Nommé évêque de Genève, il ne put jamais prendre possession de son siège devenu la « Rome des calvinistes » et resta en résidence à Annecy. Issu d’une famille noble, il choisit le chemin de la foi chrétienne en consacrant sa vie à Dieu et renonce à tous ses titres de noblesse. Il devint l’un des théologiens les plus considérés de son temps. Ce grand prédicateur accéda au siège d’évêque de Genève et fonda, avec la baronne Jeanne de Chantal, l’ordre religieux de la Visitation. Homme d’écriture, il laissa une œuvre importante qui témoigne de sa vision de la vie.

Le maître autel :

Le maître-autel, situé dans l’axe de la nef et dans le chœur, est un don de Mme Saint-Ange-Ménot. Il est sculpté du Christ au jardin des Oliviers, inséré dans un décor d’arcatures néo-gothiques. La table est un ajout postérieur.

De Saint-Pierre à Saint-Louis, évolution de l’église depuis le 19ème siècle

Les verrières à personnage ou historiées

Le presbytère

Avant 1849, il n’est fait aucune mention d’un presbytère existant à Hauterive. 

Ce bâtiment a vraisemblablement été édifié entre 1850 et 1860, à l’occasion de la reconstruction de l’église. En 1857, le presbytère construit en pisé, qui servait également de cabaret, s’étant écroulé, l’entrepreneur Grelet décide de le reconstruire en pierre. La charpente et la couverture en mauvais état, sont reconstruites entre 1884 et 1886, d’après les plans et devis de l’architecte Saugère auquel succède l’architecte Martin, du Mans, avec l’entrepreneur Mouly.

Au milieu du 20ème siècle, les tuiles plates sont remplacées par des tuiles mécaniques. Il a servi de logement au curé de la paroisse jusqu’en 1955. Puis, sans modification importante, il a abrité deux familles jusqu’en 1997. 

Ne correspondant plus aux normes d’habitabilité minimales, des travaux se sont avérés nécessaires. La commune a alors fait un double choix. D’abord de réaménager les locaux en un seul logement, beaucoup plus grand mais aussi plus fonctionnel et ensuite de signer une convention avec l’Etat pour bénéficier d’une subvention destinée à la rénovation de logements locatifs sociaux. Ce choix a permis de loger une famille de six enfants.

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