Les deux écoles

« J’ai eu l’instituteur qui dans les rois de FranceN’a vu que des tyrans aux règnes désastreuxEt celui qui faisait du vieil Anatole FranceUn suppôt de Satan parce qu’il était sans Dieu.… »(1)

L’opposition entre l’enseignement laïc et l’enseignement religieux est une constante et Hauterive n’a pas échappé à la règle. 

L’école mixte était assurée par une religieuse jusqu’en 1878, date à laquelle le Conseil Municipal demanda un instituteur laïc au préfet par courrier du 11 juillet 1878.

En 1793, la Convention projette, en vain, l’obligation scolaire et la gratuité de l’enseignement. Cette idée avait été auparavant développée par Condorcet dans son Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique prônant un système éducatif laïc avec une égalité entre les filles et les garçons devant l’instruction. A la même époque, Lakanal permet aux particuliers d’enseigner à titre personnel et de recevoir en contrepartie une pension de l’Etat.

Sous le 1er Empire, Napoléon met en place une institution scolaire autonome pour l’enseignement secondaire et supérieur : c’est l’Université. Le primaire reste sous le contrôle de l’Eglise. Et à partir de 1816, chaque commune a l’obligation de dispenser un enseignement primaire.

C’est avec François Guizot, ministre de l’instruction publique sous Louis-Philippe, qu’est votée le 28 juin 1833 la première loi concernant l’enseignement primaire. Elle prévoit notamment la scolarisation des garçons, l’obligation pour chaque commune de plus de cinq cents habitants d’entretenir une école primaire et l’institution dans chaque département d’une école normale pour la formation des instituteurs. Il n’est en revanche pas prévu d’obligation. Il s’agit d’offrir une possibilité d’instruction, en prenant garde de ne pas remettre en cause l’autorité paternelle. De même, le choix entre un enseignement religieux ou laïc est laissé libre. L’enseignement est gratuit pour les indigents. Enfin, l’Eglise garde un rôle prépondérant dans l’organisation de l’enseignement primaire.

Parallèlement, se développent les fondations d’enseignement mutuel, inspirées par La Rochefoucault-Liancourt.

La loi Falloux du 15 mars 1850 renforce le rôle des religieux dans l’organisation de l’enseignement scolaire.

Avant 1844, nous ne trouvons aucune trace d’école au sein de la commune. Le Conseil Municipal décida en 1844, d’acheter la maison Randoing pour la somme de 3 200 francs, plutôt que de créer un nouveau bâtiment.

En 1850, une construction fut projetée pour être jumelée à la mairie. Les plans et devis de M. Batilliat ont été acceptés en mai 1860 et un impôt extraordinaire a été voté le 30 septembre 1860 pour couvrir la dépense qui s’élevait à 4 000 francs. L’école terminée en mai 1867, pouvait désormais accueillir 28 garçons et 28 filles.

En 1889, une nouvelle école voit le jour, accolée à la mairie-école. Les locaux furent disponibles en 1890. L’ancienne école fut louée à un particulier. En 1912, le maréchal-ferrant s’y installa, avant d’être mobilisé en 1914.

En 1957, le Conseil Municipal décida de la création d’un nouveau groupe scolaire, dont la construction se termina seulement à la fin des années 60, bloquée en cours de travaux par un manque de crédits.

Une seconde classe de maternelle s’ouvrit en octobre 1985 et une nouvelle école maternelle de 2 classes vit le jour en février 1986.

L’Ecole des Sources est désormais composée de deux groupes scolaires, l’un pour les classes de maternelles et de CP, le second pour les classes de CE1 à CM2. Ce second bâtiment abrite également la garderie périscolaire.

L’école religieuse ou école libre

Une école religieuse vit le jour après la 1ère guerre mondiale. Créée et maintenue grâce à la famille Girardon du Château des Husseaux, elle prit le nom de Saint François Xavier en mémoire de leur fils décédé en 1902 (voir page Château des Husseaux).

Elle vit sa fermeture après 1945. Elle recevait gratuitement et uniquement entre 20 et 30 jeunes filles originaires d’Hauterive, pour la majorité d’entre elles. Sa directrice était laïque. Chaque fin de trimestre était organisé un contrôle de connaissances « oral » devant Melle Jeanne Girardon et son père le Général. Des spectacles (séances récréatives) étaient assurés à la salle paroissiale, devenue « Farandole », située à proximité de l’église.

(1) Extrait de la chanson de Michel Sardou

Ecole Saint-François Xavier

Photo à dater entre 1914 & 1918

Ecole Communale

Photo à dater entre 1915 & 1918

L’instituteur est M. Clément PEYRONNET
Sur la photo se trouvent certainement les enfants suivants :

Henri GILBERT – Lucienne BALAYER – Auguste NIVELON – Alfred HUGON
Marcel BOUDET – Louis BOUDET – Jean PAPUT – Hélène PAPUT

Si vous en reconnaissez quelques uns, n’hésitez pas à me contacter.

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